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Homélies du Père André |
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Paroisse Saint Alexis d’Ugine et Sainte Marie de Paris Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale - Exarchat du Patriarcat oecuménique |

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24e dimanche après la Pentecôte Lyon – 7 novembre 2010 Luc VIII, 41-56 Dans le passage évangélique d’aujourd’hui, nous sommes en présence de deux miracles qui se suivent, ou plutôt l’un intervient à l’intérieur de l’autre. Jésus est appelé pour une enfant malade de douze ans, l’enfant est la fille unique de Jaïre, le chef de la synagogue, probablement de Capharnaüm. Pendant qu’il va, pressé par la foule comme nous l’avons entendu, une femme s’approche de Lui, qui était atteinte d’une hémorragie permanente. Affligée d’une perte de sang depuis douze ans déjà, comment tenait-elle encore en vie ? Dans quel état de faiblesse a-t-elle réussi à atteindre Jésus ? Après beaucoup d’effort pour se frayer un chemin dans la foule compacte, elle craint d’aller au bout de sa démarche. Juste derrière Jésus, elle n’ose pas s’adresser à Lui. Après tant d’efforts, elle hésite à Lui parler car elle est consciente de son indignité de pécheresse, et puis, une femme en se temps-là, ne s’adressait pas un à homme, à plus forte raison à un rabbi. Et pour ne pas Le déranger, elle effleure juste la frange de son vêtement et aussitôt elle sent, dans son corps même, qu’elle est guérie ; ce contact furtif a suffi pour que Jésus lui communique une force de guérison. Ne faudrait-il pas se poser la question qui nous concerne : en communiant nous prenons le Christ en nous. Nous ne faisons pas qu’effleurer son vêtement ou son corps. En prenant en nous son Corps et son Sang, nous nous unissons pleinement au Christ. Et il n’y a aucun changement apparent en nous. Pourquoi ? Quelle différence entre la femme du récit et nous ? Je pense que le début de la réponse est que nous ne sommes pas capable de garder en nous cette grâce que nous recevons par le Corps et le Sang du Christ. Je pense que nous ne faisons pas assez d’efforts pour grandir spirituellement. Bien sûr au fil des ans, nous cheminons vers le but du chrétien : mais faisons nous suffisamment d’efforts ? Nous avons été créés à l'image de Dieu. Cette image est en nous, elle est dite indestructible mais on peut la ternir au point que, désormais, elle ne rayonne plus. Or, cette image doit rayonner, elle doit se manifester, elle doit grandir en nous comme le Christ Lui-même doit grandir en nous de jour en jour et d'année en année dans notre vie entière. Prions pour que le Seigneur nous donne la force non seulement de vivre notre foi en profondeur, mais aussi de mener nous-mêmes le combat spirituel dans notre propre cœur, dans tous les domaines de notre existence. Prions pour que le Seigneur nous donne la force de nous opposer à toute tentative des forces du mal, à toutes ces attaques qui visent à effacer en nous l'image de Dieu, cette image de Dieu par Lequel et dans Lequel l'homme a été créé. C'est pourquoi nous devons ainsi apprendre à vivre la dimension baptismale de notre existence, c'est à dire le combat permanent, le rejet du mal et la renonciation à Satan. Cette renonciation à Satan que nous demandons à l'adulte - ou à l'enfant baptisé par la bouche de son parrain ou de sa marraine - nous devons l'opérer nous-mêmes de jour en jour. Nous devons demander au Seigneur le discernement et la clairvoyance pour être capables de voir où sont les embûches et quelles sont les flèches enflammées du mal afin d'y résister avec ce que saint Paul appelle le bouclier de la foi et le glaive de la parole de Dieu. Tout cela sont des choses tout à fait essentielles, mais cela ne concerne pas seulement ma vie personnelle ni mon combat individuel puisque que nous sommes tous solitaires les uns les autres dans l'Église. Quand un seul homme tombe, disent les Pères, beaucoup tombent autour de lui, et quand un seul homme s'élève et se sanctifie, beaucoup se sanctifient autour de lui. Nous sommes donc tous, les uns les autres, responsables de cette sanctification, de cette confession de foi qui est celle de l'Église, pour toutes nos communautés ecclésiales dont celle où nous vivons aujourd'hui. |