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La Lettre du Père André |
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Paroisse Saint Alexis d’Ugine et Sainte Marie de Paris Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale - Exarchat du Patriarcat oecuménique |

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Paroisse de Saint Alexis d'Ugine et de Sainte Marie de Paris Lyon La période préconciliaire, qui a duré, avec des hauts et des bas, pratiquement douze ans avant la tenue du Concile de l'Église russe en 1917-1918, a permis un examen critique des différents aspects de la vie ecclésiale en Russie. Il devint clair que beaucoup de choses devaient changer dans l'Église, sans cela son influence spirituelle dans la société diminuerait inévitablement. Durant les échanges de vues au sein de la société et du corps ecclésial, ont été abordées, entre autres sujets, des questions liturgiques dans le cadre aussi bien de conférences et de commissions préconciliaires, que d'assemblées du clergé et de fidèles, ainsi que dans des publications religieuses et même dans la presse laïque. II est évident que, durant ces douze années, des opinions bien différentes, voire diamétralement opposées, on été émises. Ce laps de temps de préparation au Concile donna aux théologiens russes, aux pasteurs et aux fidèles intéressés par ces sujets la possibilité de discuter sous tous les angles des réformes proposées. Plusieurs sujets, qui me paraissent importants, ont été abordés durant ces douze ans. Je vais commencer par un sujet qui a son importance dans le domaine de la participation des fidèles à la préparation de la liturgie eucharistique. Plusieurs personnalités de l'Église russe (évêques, prêtres, écrivains religieux) d'avant la Révolution ont soulevé la question de la commémoration des vivants et des défunts durant la liturgie. L'usage qui existait en ce temps-là et qui perdure presque partout dans l'Église russe actuellement est le suivant : durant la litanie de supplications (après la lecture de l'évangile), le diacre prie pour les vivants en égrenant des dizaines, voire des centaines de noms. Cette énumération qui paraît sans fin dissipe la disposition religieuse des fidèles. Dans des grandes paroisses cette lecture de noms peut durer 10, 15. 20 minutes ce qui devient une dure épreuve pour un fidèle venu à l'église participer au Royaume. Après cette litanie on ajoutait (et on ajoute toujours aujourd'hui en Russie) la commémoration des défunts, en lisant des listes interminables de noms, même les dimanches et les jours de fête, ce qui est inadmissible. La commémoration des parents et des connaissances doit être laissée aux fidèles qui connaissent ceux qui sont commémorés. Pour cela les fidèles doivent avoir accès à la table de préparation. Ainsi la commémoration des noms des vivants et des défunts reprendra sa signification et sa réelle importance. L'évêque Constantin (Boulytchev) proposa de sortir la table de préparation hors du sanctuaire. En italiques sont indiqués les passages du livre de l'archiprêtre Nicolas Balachov « Sur la voie de la renaissance liturgique » (2001) où l'auteur rapporte les sujets abordés lors de la période préconciliaire et lors du Concile de l'Église russe en 1917-1918. LITURGIE La liturgie est composée de trois parties : préparation, liturgie des catéchumènes (liturgie de la parole) et liturgie des fidèles. PREPARATION (proscomédie) : Durant cette partie le prêtre prépare, selon un rite établi, les éléments qui deviendront le Corps et le Sang du Christ. Cette partie est, en général et malheureusement, tout à fait inconnue des fidèles. La préparation des éléments, nécessaires à la célébration de la liturgie, évoque l'immolation du Christ et son sacrifice sur la Croix. Le prêtre découpe et enlève d'une prosphore un cube de pain, appelé Agneau, qui sera consacré. Durant tous les gestes, le prêtre lit des prières qui sont tirées de l'Ancien Testament, des Évangiles et des Épîtres. En préparant l'Agneau, le prêtre cite la prophétie d'Isaïe sur la venue du Messie : "Comme une brebis, II a été mené à l'immolation, et comme un agneau sans tache, muet devant celui qui le tond, ainsi II n'ouvre pas la bouche ; dans son humiliation, son jugement a été rendu" (Isaïe 53, 7-8). Le prêtre verse un mélange d'eau et de vin dans le calice. Ensuite il procède à des commémorations. Tout d'abord il commémore la Vierge Marie, en découpant une parcelle de la 2-e prosphore et la plaçant à droite de l'Agneau. De la 3-e prosphore il découpe 9 parcelles en commémorant les 9 ordres de saints : saint Jean Baptiste, les prophètes, les apôtres, les saints évêques, les martyrs, les moines, les anargyres, les saints Ancêtres du Christ, les saints du jour et le saint qui a écrit la liturgie célébrée. II est à noter que chaque Église nationale commémore les grands saints œcuméniques, mais commémore les saints du pays en question. Les textes de commémoration ne sont pas identiques dans l'Église grecque, l'Église russe ou l'Église serbe. Ce sont des particularités de chaque Église, mais bien évidemment le sens et la portée spirituelle ne changent pas. Prenant la 4-e et la 5-e prosphore le prêtre commémore les vivants et les morts. A la fin des commémorations le prêtre recouvre la patène et le calice de voiles, encense les dons et donne le congé. Historique Dans toutes les liturgies antiques, il y avait le rite de l'offrande des éléments nécessaires à la liturgie, mais ce rite trouvait sa place immédiatement avant le canon eucharistique. Aux début de l'histoire chrétienne, les membres de la communauté apportaient de la nourriture dont une partie était destinée aux agapes, une autre partie était destinée à la célébration de l'eucharistie (les agapes étaient chez les premiers chrétiens des repas pris en commun en mémoire de la sainte Cène, durant lesquels était célébrée l'eucharistie). Au fil des temps ces agapes se transformèrent en des festins. En 391 le Concile de Carthagène décida qu'il convenait de séparer les agapes de l'eucharistie et saint Ambroise de Milan (397) est l'un de ceux qui ont interdit les agapes. L'Église veillait très attentivement à ce que ne prennent part à la liturgie que les chrétiens, à l'exclusion des catéchumènes ou des schismatiques (un catéchumène ne pouvait pas apporter d'offrandes pour lui même, mais il pouvait le faire pour des parents chrétiens). C'est pourquoi les offrandes étaient apportées juste avant l'eucharistie, après que les fidèles aient prié pour les catéchumènes et que ceux-ci soient partis. Ces offrandes étaient apportées dans un local spécial et elles étaient données, certainement, aux diacres, qui les apportaient à l'évêque. Avec le temps, ce rite de l'offrande a subi une transformation sensible, il se scinda en deux : 1) offrande des prosphores et du vin et leur préparation avant la liturgie de la parole ; 2) translation des dons ainsi préparés de la table de préparation sur l'autel avant l'eucharistie. II est à noter que notre liturgie actuelle, lorsqu'elle est célébrée par un évêque, a gardé le rite ancien - c'est l'évêque pendant le chant de l'hymne des chérubins qui termine la préparation en recouvrant le calice et la patène de voiles et en donnant le congé de la préparation, et à la grande entrée ce sont le diacre et le prêtre qui apportent la patène et le calice à l'évêque, se tenant dans les portes royales, et c'est l'évêque qui les place sur l'autel. II faut savoir qu'en Russie ce sens de l'offrande s'est perdu, par contre dans certains pays orthodoxes il est resté vivace. II n'est pas rare de voir en Grèce, en Serbie ou dans d'autres pays des femmes allant à l'église porter un petit sac avec une prosphore préparée personnellement, une bouteille de vin, un peu d'huile, parfois de l'encens. La préparation que nous connaissons aujourd'hui s'est donc créée au fil des siècles. On peut penser qu'avant les 11 - 12-e siècles, on posait sur la patène un pain sans le découper, et il était rompu juste avant la communion. Nous savons par les écrits de cette époque, que certains gestes, que nous faisons aujourd'hui, existaient déjà - il s'agit par exemple de la bénédiction du pain avec la lance lorsque le prêtre prononce les paroles : " en mémoire de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ". Les manuscrits des 14 - 15-e siècles parlent du transpercement de l'Agneau par la lance. Le nombre de prosphores pour la préparation était fluctuant - encore aujourd'hui un certain nombre d'Églises orthodoxes utilisent une seule grande prosphore avec cinq empreintes. Symbolisme : II faut savoir que nos offices ont pour origine des temps très anciens. Par exemple en ce qui concerne l'offrande, nous savons par la Bible que la première offrande à Dieu (oblation) fut apportée par Caïn et Abel : "Abel faisait paître les moutons, Caïn cultivait le sol. A la fin de la saison, Caïn apporta au Seigneur une offrande de fruits de la terre ; Abel apporta lui aussi des prémices de ses bêtes et leur graisse." (Genèse IV, 2-4). Les agapes des premiers chrétiens étaient célébrées à l'exemple de la sainte Cène, qui elle-même était un repas pascal juif. Tous nos offices se transforment au cours des siècles et lorsqu'ils se constituaient, leurs fonctionnalités ou leurs gestuels avaient un sens précis. Les chrétiens ont trouvé nécessaire de donner à ces gestes un symbolisme. Ainsi la patène sur laquelle se trouve l'Agneau immolé et transpercé, entouré de parcelles en mémoire de la Mère de Dieu, des saints, des vivants et des défunts représente le Corps mystique du Christ, c'est-à-dire l'Église terrestre et céleste. La patène représente également la grotte de Bethléem, c'est pourquoi toute la préparation reste cachée comme l'étaient la naissance et le début de la vie de Jésus. L'offrande Dans toute l'histoire de l'humanité, l'homme a toujours ressenti la nécessité d'apporter à Dieu en offrande et en sacrifice ce qu'il a de plus précieux. Dans l'Ancien Testament, les hébreux apportaient à Dieu des sacrifices, mais ces sacrifices étaient incapables de détruire le péché et de rétablir la pleine unité avec Dieu que l'homme avait perdue. L'homme restant sous la loi du péché - il ne faut pas oublier que le péché est la rupture des liens avec Dieu - n'avait pas la force de rétablir ces liens avec Dieu. Malgré le désir d'union avec Dieu, nonobstant les sacrifices, l'homme ne pouvait pas se libérer des liens du péché et de la mort. C'est pourquoi le Fils de Dieu s'est immolé pour la vie du monde. La communion avec Dieu est rétablie par le sacrifice du Fils - nous sommes devenus ses frères et par là les enfants du Père. Ce sacrifice a été apporté une fois pour toute, mais l'homme n'est pas capable de rester en communion avec Dieu, parce que l'homme en péchant s'éloigne de Dieu, mais la potentialité de cette communion existe, puisque Dieu s'est offert en sacrifice pour nous. Maintenant les sacrifices de l'Ancien Testament sont inutiles, et nous n'avons rien de plus précieux à offrir à Dieu que son propre Fils. Puisque le Sauveur nous a enjoints de demeurer en Lui, comme II nous a promis de demeurer en nous (Jean XV, 4), chaque fois que nous célébrons la liturgie nous apportons en sacrifice le Christ, pour nous mêmes (puisque nous demeurons en Christ) et pour les uns les autres. Et nous le faisons selon le commandement du Christ : "faites ceci en mémoire de Moi". Nous le faisons, et nous incluons dans le sacrifice du Christ tous ceux pour qui nous prions - ainsi y partici-pent la Vierge, les saints, les défunts et les vivants afin que tous soient unis au Royaume de Dieu. C'est pourquoi, là où cela est possible, les fidèles doivent apporter au prêtre une prosphore pour les vivants et une pour les défunts, prier pour eux en les commémorant à mi-voix (pour que le prêtre entende les noms). Ainsi le sacrifice du Christ sera célébré pour ces personnes commémorées et elles participeront au saint Sang du Fils de Dieu : "Lave, Seigneur, par ton Sang précieux les péchés de tes serviteurs dont il a été fait mémoire ici, par l'intercession de la Mère de Dieu et de tous les saints" (prière après la communion). Père André (d’après « L’Eucharistie – Sacrement du Royaume » d’Alexandre Schmemann) |

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Archiprêtre André Fortounatto |
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Le 21 novembre l’Eglise fête la Présentation de la Mère de Dieu au Temple. Toute leur vie Joachim et Anne priaient Dieu de leur donner un enfant en promettant de le Lui consacré. Aujourd’hui s’accomplit leur promesse. L’Eglise n’a pas retenu l’événement de la Présentation de Marie au Temple comme historique et ne l’a pas promulgué par des conciles, mais il appartient à la tradition liturgique, à l’expérience de l’Eglise. Ce sont les évangiles apocryphes qui nous disent que Marie, à l’âge de trois ans, a été amenée par ses parents au Temple de Jérusalem et elle y demeurait jusqu’au moment où Joseph l’ait prise chez lui. L’Eglise célèbre cet événement en tant qu’une des 12 fêtes majeures, car son sens spirituel et théologique est important. Celle qui est plus vénérable que les chérubins et plus glorieuse que les séraphins quitte le monde terrestre, le monde pécheur pour se préparer à devenir l’instrument du dessein de Dieu à l’égard de l’humanité. Dans l’Ancien Testament, le Temple était le seul endroit de la présence permanente de Dieu. C’est dans le Temple que l’homme rencontrait Dieu, c’est dans le Saint des Saints que l’homme entendait la voix divine. Néanmoins le Temple de l’Ancienne Alliance, le Temple de Jérusalem n’était qu’une figure de la présence et de la promesse de la venue du Sauveur. Mais les figures arrivent à leurs termes et elles nous orientent en leur propre dépassement vers la réalité elle-même, qu ‘elles annoncent. Le véritable réceptacle de la présence divine, le temple de Dieu, devait devenir l’homme lui-même, et ce temple saint recevant Celui que rien ne peut contenir était en premier lieu la jeune fille du nom de Marie. Tout l’Ancien testament, à partir de la chute, était un temps de préparation à la venue du Sauveur, et à partir de l’Entrée de Marie dans le Temple de Jérusalem, c’est elle qui va se préparer à devenir le paradis spirituel, le trône de Dieu , le temple sanctifié plus vaste que les cieux. On peut dire qu’à partir de l’Entrée de Marie dans le Temple on passe de l’Ancienne Alliance à la Nouvelle. L’Eglise orthodoxe confesse que la Vierge Marie, bien que devenant temple de Dieu, était et reste réellement un être humain avec toutes les propriétés de la nature humaine mais sans péché personnel. A partir de l’Entrée de Marie dans le Temple commence un long processus de préparation pour la Nouvelle Alliance : Marie va vivre dans le Temple loin de l’agitation du monde, dans la prière, dans l’intimité de Dieu, elle va se préparer à porter en elle pendant neuf mois le Verbe de Dieu, qui Lui-même pendant trente ans va se préparer à accomplir le dessein du Père. Par la mort et la Résurrection du Sauveur et par notre baptême, à l’exemple de Marie nous sommes devenus, nous aussi, le temple de Dieu, le temple du Saint-Esprit. La fête de la Présentation au Temple de la Mère de Dieu se situe 6 jours après le début que carême de Noël. L’idée centrale de ce carême est celle de la venue du Seigneur Jésus et durant cette quarantaine une grâce spéciale de venue du Seigneur nous est offerte. Le Seigneur Jésus nous était déjà présent; mais la grâce de ce carême nous permet de prendre une conscience plus vive et toute nouvelle de cette présence. Jésus était auprès de nous et en nous. Il se fait cependant connaître à nous, dans cette période, comme « celui qui vient », c'est-à-dire qu'Il se fait connaître comme voulant être avec nous. |