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Origines de la Paroisse |

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Paroisse Saint Alexis d’Ugine et Sainte Marie de Paris Archevêché des Églises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale - Exarchat du Patriarcat oecuménique |
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- Le 70ème anniversaire de la Paroisse de la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu.
- La situation actuelle.
Le 70-ème ANNIVERSAIRE DE LA PAROISSE A LYON
(Article paru à l’occasion du 70e anniversaire de la paroisse de la Protection de la Mère de Dieu en 1994)
Après la Révolution de 1917, au terme de cheminements sinueux et longs parfois de plusieurs années, beaucoup de Russes se retrouvèrent à Lyon. La vague des arrivées massives s'étend sur environ cinq ans, de 1920 à 1926. Ce sont surtout des hommes jeunes, souvent célibataires (ils feront dans la mesure du possible venir leur famille plus tard); s'il y a parmi eux quelques représentants de l'aristocratie, quelques hauts fonctionnaires et des militaires de carrière, ce sont surtout des gens simples, des soldats évacués des armées blanches, ou des paysans cosaques. On estime qu'entre 1920 et 1930 ils étaient entre 2.000 et 3.000, ce qui constituait la plus grosse colonie russe en province après celle de Paris et de Nice.
Il faut noter qu'avant la Révolution, Lyon avait déjà son petit noyau de Russes : médecins, industriels et commerçants, c'étaient des opposants politiques à la Russie impériale et ils professaient des opinions opposées à celles des nouveaux venus : républicaines, socialistes ou carrément révolutionnaires.
Dans le climat d'expansion économique des années 20, Lyon constituait (après les régions parisienne et marseillaise) le plus grand pôle d'attraction pour les travailleurs étrangers : l'industrie de la soierie et des textiles industriels, la métallurgie, les entreprises d'outillage électrique, l'industrie de transformation, tous recrutaient - le plus souvent sous la forme de contrats collectifs. Beaucoup de Russes vinrent s'installer à Décines, Pont-de-Chéruy, Vaux-en-Velin, Villeurbanne, Monplaisir, Vaise : la répartition des usines décidait de l'implantation dans la région.
La vie était pénible, parfois à la limite du supportable : instabilité professionnelle très grande, périodes de chômage, problèmes de logement, difficultés d'adaptation et de reconversion professionnelle, problème de langue, solitude. La solidarité jouait et s'exprimait dans la vie associative, l'entraide; plusieurs bulletins et journaux parurent; mais le plus important était de se donner la possibilité de mener une vie religieuse "normale".
Le Métropolite Euloge, exarque du Patriarche de Moscou Tikhon, avait depuis 1922 choisi pour cathédrale l'ancienne église de l'ambassade russe à Paris, Saint Alexandre-Nevski. Le Père Michine fut détaché dans la région lyonnaise dès 1923. Ce dernier officia pour la première fois à Pont-deChéruy, dans une petite pièce aménagée avec quelques icônes. Puis, le 11 octobre 1924, l'Association Orthodoxe Russe de Lyon fut créée : elle était chargée d'administrer la nouvelle paroisse, placée sous la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu. Cette création eut lieu à l'initiative du Père Michine, du général Maximovitch (ancien chef des corps expéditionnaires russes en France) et d'un peintre d'icônes connu, M. Illine. Cette Association cultuelle est régit par les dispositions de la loi du 1-er juillet 1901 et de la loi du 9 décembre 1905. L'objet de la création de cette église est d'assurer à Lyon l'exercice du culte orthodoxe et les statuts de l'Association suivent, en la matière, les prescriptions du Concile de l'Église Orthodoxe russe qui s'est tenu en 1917 et 1918.
L'Association, depuis sa création, dépend de la cathédrale "de la rue Daru de Paris" qui est le siège de l'Archevêché des Eglises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale dans l'obédience, depuis de nombreuses décennies, du Patriarcat Oecuménique de Constantinople. L'Association créée à Lyon s'installe dans les locaux loués par la ville au 13, rue de la Poulaillerie située entre la rue de la République et la rue Edouard Hériot près de la Bourse. Les offices religieux qui s'y tiennent régulièrement ont permis aux émigrés russes de pratiquer leur religion, de se retrouver pour parler de leur nouvelle vie en France, leur pays d'accueil, de la Russie, leur pays d'origine avec lequel ils n'entretenaient plus aucune relation, bien que tous y avaient des membres de leur famille, souvent dispersés par les bouleversements successifs à la première guerre mondiale et à la Révolution de 1917.
Dès sa création, la paroisse est devenue un lieu d'accueil et de rassemblement pour ces familles arrivées à Lyon. Après les offices religieux, les russes se réunissaient souvent, organisaient des pique-niques sur les bords de la Saône. Chaque année une journée culturelle était organisée dans une salle louée à cet effet. Les premières années la salle de l'Europe près de la place Bellecour a permis de réunir de nombreuses familles, qui participaient aux danses folkloriques ou classiques, chantaient, jouaient de la musique.
La seconde guerre mondiale a dispersé une grande partie de ces familles privées de travail. La vie est devenue très difficile pour beaucoup de ces émigrés, ils se sont déplacés, cherchant du travail, nombreux ont été astreints aux camps de travail en Allemagne. D'autres, naturalisés Français, ont servi dans l'armée française. Dès la fin de la guerre, le Père Georges Choumkine, a rassemblé les jeunes pour leur enseigner la foi orthodoxe et les traditions russes, recréant ainsi une vie culturelle. Une colonie de vacances a été créee à Chevagny-les-Chevrillère et de 1945 à 1951 jeunes et adolescents s'y retrouvaient chaque été. Toutefois le nombre de Russes commença à se réduire, les premiers réfugiés, devenus vieux, disparaissaient, les jeunes qui formaient leurs foyers s'éloignaient de la région lyonnaise. L'église a traversé des périodes difficiles. De 1958 à 1962, le Père Valentin Bachst a su redonner un nouvel élan à la paroisse. Érudit et théologien de grande valeur, il fut particulièrement aimé des fidèles, il disparut prématurément dans un accident de voiture.
Après 45 années passées rue de la Poulallerie et en perspective de l'installation dans ces locaux du Musée de l'Imprimerie et de la Banque, l'église fut transférée à la Croix-Rousse, au 6 de la rue Grataloup, dans un local loué par la ville de Lyon. M. Jean Skliaroff, marguillier de la paroisse pendant près de 50 ans, a dépensé une énergie colossale à la soutenir dans les moments difficiles. Le père Jean Krasnobaïeff qui desservait la Paroisse, très âgé et résidant à Vichy ne pouvait plus venir à Lyon, c’est ainsi qu’il n’y a plus eu d’offices pendant presqu’un an et demi. Au début de l’année 1980, le père André Fortounatto a proposé à Mgr Georges (Tarassoff) de venir célébrer les offices de la Nativité du Christ. C'est lui qui est le président actuel de l'Association depuis cette année 1980. Un net regain d'intérêt pour préserver leur religion orthodoxe et leur culture réunit alors les familles d'origine russe, des orthodoxes français et redonne à cette paroisse une nouvelle vie. L'église dut déménager une seconde fois en juin 1993, à cause de la démolition du local de la rue Grataloup. Grâce à une aide considérable de la Ville et de l'Archevêché catholique de Lyon et grâce aussi à un soutien des HLM de la Ville, l'église est aujourd'hui installée au 1 rue Bonin à Lyon (4-e) dans une petite chapelle attenante à l'église Saint-Charles. Pour la première fois en soixante-dix ans, la paroisse se retrouve dans un lieu qui a été spécialement bâti par des chrétiens pour chanter la louange de Dieu ! La paroisse accueille de nouveaux fidèles, enfants d'émigrés russes, des orthodoxes d'origine française ou d'autres origines. Les offices sont assurés régulièrement par le père André qui vient de Paris. En effet, les communautés orthodoxes d'origine russe, importantes dans les années 1920-1940, se sont dispersées, à cause de cela, les prêtres orthodoxes desservent souvent plusieurs paroisses. La plupart d'entre eux exercent une profession dans la vie civile. Ce 70-e anniversaire est célébré par cette petite communauté particulièrement vivante pour témoigner de son dynamisme retrouvé, de sa volonté de préserver la foi orthodoxe, la culture et la tradition russes tout en s'intégrant parfaitement dans la vie de leur nouvelle Patrie et aussi pour approfondir son apport dans ce pays la France, dans cette grande Ville de Lyon, où elle a su trouver sa place et devenir pour des orthodoxes d'origine française aussi, un lieu d'expression vivante de leur foi et un lieu d'accueil chaleureux, permettant en particulier d'avoir des discussions animées sur la pratique de l'orthodoxie dans la vie contemporaine et les contraintes qu'elle impose.
La situation actuelle :
Le 15 et 16 octobre 1994, la Paroisse a fêté son 70-ème anniversaire. Les vêpres festives ont été célébrées en l'église catholique saint Charles dans le 4-e arrondissement (par manque de place dans chapelle orthodoxe attenante), présidées par son Éminence l'Archevêque Serge et concélébrées par le recteur de la paroisse, l'archiprêtre André Fortounatto, et le protodiacre Alexandre Kédroff. Ont été invités le père Athanase Iskos, recteur de la paroisse grecque de Lyon, des représentants des Églises catholique et protestante, ainsi que les autorités de la ville. Les vêpres ont été célébrées en slavon et en français, le chœur de la paroisse a été renforcé par des chanteurs venus de Paris et de Caen. Le lendemain, la divine liturgie, célébrée dans la chapelle de la paroisse, a été également présidée par son Eminence l'Archevêque Serge et concélébrée par le père André, l'archiprêtre Nicolas Ozoline, le protodiacre Michel Storogenko et le protodiacre Alexandre Kédroff.
Toutefois dès cette époque il y avaient des dissensions concernant la langue liturgique, dissensions qui se sont amplifiées avec les années. Le père André affirmait qu’en vivant en France il convient d’introduire dans les offices un part de français et ne pas célébrer tout en slavon – langue difficilement compréhensible même pour les Russes et totalement hermétique aux Jeunes qui ne parlent que peu le russe, voire pas du tout. Pour les liturgies eucharistiques, le père André préconisait de chanter quelques chants en français en les alternant avec le slavon d’Église. Pour les vêpres, les textes que le chœur était incapable de chanter et de ce fait était lu auparavant en français par le lecteur, furent chanter en français durant moins de deux ans.
Malheureusement, à partir de la fin des années 1990, ces dissensions se sont aggravées, accompagnée de tensions telles que le climat était devenu très oppressant, provoquant le départ ou l’éloignement de certains paroissiens en particulier en juin 2006.
L’action pastorale du père André s’est trouvée contestée par un groupe d’opposants qui s’est donné pour objectif de changer l’appartenance juridictionnelle de la paroisse afin d’en préserver la « russité » qu’ils jugeaient menacée. Finalement, ils ont obtenu la tenue d’une assemblée générale extraordinaire en vue de modifier l’article des statuts de l’association cultuelle relatif à l’appartenance juridictionnelle de la paroisse. Une faible majorité de l’assemblée a voté en faveur du passage de la paroisse de la Protection de la Mère de Dieu au patriarcat de Moscou (21 voix pour, 19 contre, une abstention, lors du premier vote d’intention ; 23 pour, 15 contre et 1 abstention, lors du vote définitif). La démarche a été menée d’une façon parfaitement légale, mais non dans un esprit ecclésial, certaines personnes ayant pris part au vote alors qu’elles ne venaient pratiquement jamais aux offices et ne participaient pas aux sacrements dans la paroisse.
Notre propos n’est pas de rapporter les grandes difficultés morales, relationnelles, d’éthique qui, dans ce contexte, étaient celles des paroissiens qui ne souhaitaient pas quitter l’Archevêché ou qui estimaient que les méthodes de ces actions n’étaient pas correctes. Toutefois, le passage de l’association au Patriarcat de Moscou en octobre 2007 confirma de fait la scission dans le corps ecclésial.
En décembre 2007, lors de la première liturgie célébrée dans un local prêté par le diocèse catholique de Lyon, s’étaient réunies 46 personnes issues de la Paroisse de la Protection de la Mère de Dieu (dont 5 ne faisaient pas partie de l’ancienne paroisse).
Ces fidèles ont souhaité maintenir l’appartenance de la communauté paroissiale à l’Archevêché et l’inscrire dans la continuité de son histoire, de sa mission et de vision (cf. http://www.exarchat.eu/spip.php?rubrique1). Ayant perdu le cadre juridique de l’association de la Protection de la Mère de Dieu, ces fidèles se sont donc regroupés pour créer la Paroisse dédiés aux Saints Alexis d’Ugine et Marie de Paris. Ces Saints patrons ont été choisis par les paroissiens, avec la bénédiction de S. E. l’Archevêque Gabriel, pour leurs engagements dans le monde au XXème siècle, et leur volonté active de faire vivre la foi orthodoxe dans la société française. Cette paroisse s’inscrit ainsi dans l’histoire et la continuité de la communauté de Lyon telle qu’elle a évolué depuis 1924.
A Dieu soit la gloire.
1ère liturgie dans la salle de la Maison diocésaine le 16.12.3007
16.12.2007 – Le congé
16.12.2007 – Café après la liturgie
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Lire aussi l’article publié sur le site de notre Archevêché: Situation de la paroisse de Lyon |
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